NKM a (re)trouvé les usages et a (presque) compris pourquoi Hadopi c'était mal
Pendant que c'est le feu sur Hadopi et que le web vire au noir à l'heure de la mobilisation pour le passage du texte à l'assemblée, on pouvait se demander ce que devenait Nathalie Kosciusko-Morizet, notre toute neuve Secrétaire d'Etat au développement de l'économie numérique.
Réponse avec une vidéo chez MémoireVive.tv, qui a suivi l'inévitable dîner avec les blogueurs, qui nous rappelle ceux de RDDV à l'heure de la DADVSI.
Je suis mauvaise langue car, dans cette vidéo, il y a des choses intéressantes.
La première, en débat sur Facebook, porte sur la déclaration d'amour aux usages de notre Secrétaire d'Etat. Aaaaaaah, les usages. Ça fait plus de dix ans que j'entend des politiques dégainer ce mot, mais personne n'a encore vue une vraie politique "orientée usages". En France, on fait dans les infras et personne ne sait ce que c'est, "les usages", d'autant plus que, les usages, ils appartiennent aux usagers, ils ne se décrètent pas, ils se constatent. À ce titre, faire de la politique usages n'a aucun sens, les deux mots ne vont pas ensemble. NKM devrait savoir que ce qu'on fait, c'est de développer des SERVICES et que l'émergence d'usages est un constat et un élément de mesure de la performance. D'ailleurs, elle cite l'e-administration, une vraie politique de services, et le télétravail, qui est une modalité de fonctionnement. Bref, sur ce sujet, c'est sympa d'en parler, mais pas de manière aussi naïve et consternante.
Plus intéressant est le passage sur la génération de nouveaux modèles économiques et l'intérêt du net à faire ainsi bouger l'économie. Félicitations, madame le Secrétaire d'Etat, vous avez tout compris de l'économie de la connaissance. Si vous appliquiez cela à l'industrie culturelle, comme le fait Waelbroeck, vous constateriez à quel point Hadopi est une idée néfaste, le contraire de ce qu'il fait faire en ces temps de relance économique, justement.
Pour le reste, NKM ne veut pas prendre position sur Hadopi. C'est dommage car l'objet même de ce secrétariat d'état - développer l'économie numérique - gagne quelques poutres dans ses roues avec ce texte.